Comment les EdTech transforment vos formations ?

Les nouvelles technologies font peu à peu leurs entrées dans le secteur de l’éducation. C’est ce que l’on appelle plus communément les EdTech (pour Education Technologie). Leur objectif est d’allier nouvelles technologies et pédagogie. Mais cela ne se limite pas à fournir des tablettes à chaque apprenant.

Le numérique favorise l’émergence de nouvelles méthodes d’enseignement, tel que la classe inversée ou encore l’adaptive learning. Cette nouvelle approche révolutionnera à coup sûr l’enseignement tel qu’on le connaît. Et ce, quel que soit le niveau d’étude, de la maternelle à l’enseignement supérieur. Dans cet article, nous vous exposerons les avantages des solutions EdTech, les idées reçues portées à leur égard et enfin les prérequis nécessaires à leur bonne utilisation.

Les EdTech : un modèle en accord avec son temps

La plupart des programmes d’apprentissage offrent maintenant la possibilité d’envoyer des feedbacks de manière quasi instantanés aux apprenants. C’est particulièrement utile dans la mesure où les apprenants peuvent utiliser ces retours pour apprendre de leurs erreurs. Cette capacité d’améliorer en continu leurs résultats augmente finalement leur estime de soi et les motive à participer davantage. Cela crée en quelque sorte un cercle vertueux.

Une étude du chercheur James Kulik a démontré que les apprenants utilisant des programmes informatiques assimilent davantage d’informations, le tout en moins de temps. Il est important de noter que dans son étude, le chercheur n’a pas inclus la notion de gamification. Aujourd’hui la plupart des sociétés du secteur ont intégré ce modèle pour plus d’interactions. Pour autant, James Kulik a conclu que les étudiants avaient davantage appris grâce aux tutoriels basés sur la technologie, aux questions d’exercice et de pratique, ainsi qu’aux systèmes d’apprentissage intégrés.

En plus de prendre moins de temps pour assimiler les différentes notions présentées, les apprenants ont également tendance à obtenir de bien meilleurs résultats aux tests et interrogations. Cela s’explique par l’utilisation d’un modèle répondant davantage aux envies et besoins des apprenants. En effet, ces nouveaux programmes sont bien plus attrayants que les différents manuels et tableaux blancs auxquels sont habitués les apprenants.

Aujourd’hui, le besoin de mémorisation par coeur est de moins en moins présent et utile dans notre société. En effet, grâce aux nouvelles technologies (notamment avec les smartphones) nous avons à disposition toutes les informations dont nous avons besoin. Bien sûr, il y aura toujours des concepts à mémoriser et certaines opérations cognitives à pratiquer. Mais dans sa grande majorité, l’apprentissage au sens large se concentrera de plus en plus sur les domaines où l’homme conserve un avantage indéniable sur les machines : la prise de risque et de décision, la résolution de problèmes, la gestion des conflits, la créativité, …

Pour résumer, les compétences et le savoir-faire deviennent bien plus importants que la connaissance en elle-même. À moyen terme, nous pourrions très bien nous diriger vers un modèle privilégiant la micro-certification afin d’attester de la maîtrise d’un ensemble de compétences. Cela permettrait de mettre en avant un modèle davantage tourné vers l’apprentissage en continu.

Les idées reçues sur les EdTech

Les différents progrès dans le secteur des EdTech suscitent de nombreuses réactions. L’une des principales craintes réside dans l’idée que les enseignants seront bientôt remplacés par ces robots et autres technologies. Pourtant, pour la grande majorité des solutions EdTech, l’objectif est bien d’augmenter et non de supprimer l’aspect humain de l’enseignement. Avec ces nouvelles technologies, l’enseignement sera davantage personnalisé en fonction des besoins de l’apprenant. Cela permettra aux formateurs de faire ce qu’ils font de mieux (et que n’est pas prêt de faire la technologie), à savoir, engager et motiver les apprenants. Le formateur deviendra alors observateur du parcours des apprenants, mais aussi le garant de la collaboration et de la cohésion globale du groupe.

Une critique qui revient également assez souvent, est celle qui vise à dire que ces solutions restent assez gadget. En résumé, qu’elles n’apportent finalement que peu de résultats. En fait, cette remarque vise davantage l’apprentissage en e-learning que les EdTech dans leur globalité. Ces dernières années, il y a eu une véritable explosion des offres proposant du contenu en ligne tel que les MOOC, les solutions e-learning, … Et, il est vrai que ces contenus, que l’on peut qualifier de statiques, n’accélèrent et n’aide pas forcément l’apprentissage. On peut même dire que ces types d’apprentissages font l’exact opposé. En effet, bien souvent les apprenants se déconcentrent ou tentent de finir la leçon le plus rapidement possible, sans vraiment s’intéresser au contenu proposé. Comme le dit Svenia Busson, « le numérique pour le numérique ne sert à rien quand il ne fait que reproduire de façon digitale ce qui fonctionne mal dans l’enseignement. »

Ce n’est pas une nouvelle, de nombreuses études ont démontré que nous passons trop de temps devant les écrans. Cela a un impact véritablement néfaste sur notre capacité d’attention. Il en va de même pour les étudiants, même si c’est dans le cadre de la formation. Les écrans ont tendance à empêcher les apprenants d’organiser leurs idées et de rester attentif sur de longues durées. Cependant, en classe le but de ces écrans n’est pas que les élèves soient passifs, mais au contraire qu’ils soient en action sur une tâche spécifique.

Les apprenants ne sont pas constamment rivés sur leur tablette lorsqu’ils l’utilisent. Les apprenants ne doivent pas être livrés à eux-mêmes face à leur écran. Pour ne pas tomber dans l’extrême du « tout digital », il est important que les formateurs déterminent si chaque programme présente un réel intérêt pour les apprenants. Encore une fois, l’idée n’est pas de transformer radicalement l’éducation, mais plutôt de la faire évoluer pour suivre les tendances actuelles. Et ainsi avoir un modèle éducatif plus efficient.

Les pré-requis

Les EdTech offrent de nombreux avantages ainsi que de grandes perceptives d’évolution dans le secteur de l’enseignement. Cependant, il convient de véritablement structurer les besoins pour ne pas seulement changer de modèle sur la forme, mais aussi sur le fond. Il est ainsi important de visualiser clairement à la fois les besoins des apprenants, mais aussi ceux des formateurs. Vous devez vous assurer que chaque programme mis en place sera directement lié à l’un de vos besoins et objectifs précédemment identifiés.

Outre le fait de choisir la bonne solution, le passage à une solution EdTech requière également des coûts importants en matière de production de contenus, mais aussi en matière d’équipement. En effet, les salles de classe, de réunions et de formations doivent dès lors disposer des différents matériels pour pouvoir accueillir au mieux ces nouvelles solutions. Si quelques actions ont déjà été effectuées dans ce sens (on pense notamment au plan numérique pour l’éducation), les objectifs n’ont pour l’heure pas été atteint. Tout en sachant, que les États-Unis, l’Europe du nord ou encore la Corée du Sud ont déjà engagé cette transformation 5 ans auparavant. La France a donc un véritable retard dans ce domaine.

Il ne fait aucun doute que les EdTech feront partie intégrante de l’éducation d’ici quelques années. Bien utilisées, ces innovations présentent des avantages non négligeables tant pour l’apprenant que pour l’enseignant. Les critiques émises à leur égard résident bien souvent dans un manque de connaissances de leur part. Il est cependant très important de connaître les besoins en matière d’enseignement pour pouvoir choisir la solution la plus adaptée possible.

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